Apprendre pour jouer – Dragon Ball Fighterz / The Queen’s Gambit

Apprendre pour jouer – Dragon Ball Fighterz / The Queen’s Gambit

2 février 2022 Non Par Romain Vincent

Comment apprend-t-on à jouer à un jeu ? Etude croisée du jeu de combat Dragon Ball Fighterz et de la série Netflix The Queen’s Gambit.

Commentaires

Dentatus : « Selon mon expérience, je postulerais même que les joueurs de jeux-vidéos « compétitifs », comme c’est mon cas (à des CCG ou MOBA); pourraient être plus enclins à utiliser ce genre de plateformes pour apprendre à jouer des jeux plus « traditionnels ». Par exemple, je ne joue que rarement aux échecs et en famille ,mais le fait de passer parfois sur Twitch ou Youtube m’a conduit à regarder des tutos ou de plus longs streams sur le jeu d’échec, à la fois pour me divertir mais aussi pour apprendre un peu; en imitant mes méthodes d’apprentissage et de divertissement que j’avais pour les jeux-vidéos. »

Luiggi Lima-Golf : « Je me souviens d’un passage douloureux du premier opus de StarCraft au second douze ans plus tard… A l’époque, j’ avais exclusivement joué contre l’IA, d’abord la campagne du premier jeu et de son extension, Brood War, portées par un scénario écrit de main de maître. Lorsque je bloquais dans le mode histoire, j’apprenais à me servir des différentes unités en mode arcade, toujours face à l’IA. Avec le deuxième opus et son histoire plus bancale, je me suis volontiers tourné vers le mode multijoueur. Le matchmaking tenant compte du niveau de chacun, je n’ai pas eu à trop m’inquiéter durant les deux premières parties. Mais à la troisième, j’ai senti que mon adversaire et moi ne jouions pas dans la même cour. J’ai aussi commencé à regarder des vidéos, des commentaires de matchs de compétition, et j’ai compris que la composition des armées et la gestion des déplacements pouvaient avoir quelque chose d’automatique : à chaque coup sa riposte, précisément comme pour du versus fighting ou des échecs. Ca m’a dégouté au point que j’en ai abandonné la licence, que pourtant j’adorais, sans même finir la campagne du deuxième jeu. Je n’ai redécouvert le plaisir de jouer aux jeux de stratégie qu’avec des licences comme Total War ou Company of Heroes qui, même s’ils nécessitent évidemment un apprentissage de situations types et des doctrines d’utilisation de certaines unités, semblent laisser un peu plus le champ libre à quelque chose de plus organique, moins mathématique, y compris en multijoueur »

Piohm : « J’ai été dans le top 1% des joueurs de Heroes of the Storm. J’ai eu une expérience similaire pour apprendre à y jouer. Et oui, j’avoue : j’ai déjà fait des rêves où je jouais. Les tutoriels étaient quasiment inexistants in game. J’ai appris en discutant et en jouant avec d’autres joueurs de différentes nationalités (c’est là où avoir un vocabulaire commun est important), en pratiquant beaucoup pour parfaire mes mécaniques et en analysant mes replays pour apprendre de mes erreurs. Mais surtout en regardant la scène compétitive : apprendre la logique derrière les stratégies des équipes, leurs décisions en réaction à de nouvelles informations… Et en plus, faire quelques stastistiques, analyser les patchs notes avant d’essayer de nouvelles stratégies avec le développement perpétuel de la meta. Mais dit comme ça, ça n’a pas l’air si fun que ça. J’imagine que c’est l’intéraction (coopération et confrontation) avec les autres joueurs qui fait le jeu et qui donne envie d’apprendre ? »

Edmond Dantesque : « Si je peux t’apporter un complément sur l’apprentissage : la coopération. Quand j’étais gosse, avec mon frangin on a appris les échecs ensemble. Notre grand père nous a expliqué les règles de bases et on a enchainé les parties en découvrant de manière empirique différentes stratégies. On partageait nos trouvailles à la fin de chaque partie. C’est une expérience que j’ai pu également retrouver dans le jeu de combat. Au lycée, un copain avait acheté en import le jeu de combat Naruto ultimate ninja 2 ou 3, totalement en japonais. De la même manière que pour les échecs avec mon frère à l’époque, on a appris les techniques de combat en pratiquant, et en discutant de nos découvertes respectives après chaque match. Je pense sincèrement qu’à deux on a progressé beaucoup plus vite que si j’avais été tout seul. »

M.C : « Concernant les questions de fin de vidéo, j’ai commencé For Honor à la sortie du jeu. J’ai notamment appris à travers les discussions communautaire. Les communautés de jeux de combat crée des tier-list en expliquant les raisons. On entre dans l’apprentissage à travers les autres et en apprenant le langage de la communauté. Cependant, on est sur du théorique (jouer un bon personnage ne donne pas un bon joueur). Et ce qui est intéressant, c’est que ces tier-list sont mouvante, soit par mise à jour du titre, soit par la découverte d’un joueur d’une nouvelle manière de jouer un personnage. Je ne sais pas si ce que je vais ajouter a du sens, mais c’est un cas où l’apprentissage du jeu est remis en cause. Sans parler du fait que ce que souhaite faire apprendre le jeu et ce que font les joueurs avec est très différent »

Aramir : « Cela me fait penser un peu plus à mon rapport à certains jeux vidéos dits compétitifs. Outre les différentes phases d’apprentissages, j’ai eu (pour les jeu Apex:Legends) plusieurs façon d’aborder ce jeu. En effet dans un premier temps je jouais pour passer un bon temps à me promener / profiter des mouvements du jeu en évitant les combats au maximum. Puis à force d’accumuler de l’assurance et de l’expérience dans la compréhension du jeu (de ses mécaniques) j’ai pu en apprendre plus sur moi et comment je réagis aux situations de pression (et pu jouer de manière compétitive au jeu) Je peux donc résumé mon apprentissage sur Apex comme ceci, comprendre : <

1- comment le jeu fonctionne (les dialogues entre les personnages / les pings / les mouvements et hitbox des personnages)
2- comment les joueurs expérimentés jouent au jeu (arriver pendant qu’une équipe se bat avec une autre)
3- mon ressenti pendant un combat (gestion du stress / de la pression) Le soucis avec un jeu comme Apex:Legends (Battle Royal FPS) c’est qu’il requiert de la précision (la fameuse AIM) mais aussi beaucoup de souplesse d’esprit pour toujours tirer l’avantage de situations. »

Bibliographie

BERRY, Vincent. L’expérience virtuelle. Jouer, vivre, apprendre dans un jeu vidéo. PUR, 2012.

GEE, James Paul. What video games have to teach us about learning and literacy. Computers in Entertainment (CIE), 2003.

JORION, Paul et DALBOS, Geneviève. La transmission des savoirs. Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2019.

LINDEROTH, Jonas. Why gamers don’t learn more: An ecological approach to games as learning environments. Journal of Gaming & Virtual Worlds, 2012, vol. 4, no 1, p. 45-62.

Vidéographie

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